← NotesApprentissage6 octobre 2026 · 5–6 min de lecture

Le radar ne voit pas l'eau en ville

Pikine, Thiaroye, Guinaw Rail et Médina ressortent à 0 % d'eau stagnante après les fortes pluies. Ce n'est pas une absence d'inondation : c'est une limite physique du radar Sentinel-1 en bâti dense.

Dans cette note
  1. Le constat
  2. Comment le radar voit l’eau
  3. Pourquoi la ville l’aveugle
  4. Ce que l’appli en fait
  5. Ce que j’en retiens
  6. Citer cette note
  7. Discussion
Domaines

Earth ObservationGeospatial

Le constat

Pour mesurer l’eau stagnante dans chaque commune de Dakar, l’observatoire compare des images radar Sentinel-1 prises juste après de fortes pluies (22/08/2024, 27/09/2024, 29/08/2025) à une image de référence de saison sèche (mai).

Résultat surprenant : plusieurs communes connues pour être inondées chaque année, comme Pikine, Thiaroye, Guinaw Rail ou Médina, ressortent à 0 %. Au total, 21 communes sur 53 n’ont aucune eau détectée.

Comment le radar voit l’eau

Un radar à synthèse d’ouverture (SAR) envoie une onde vers le sol et mesure ce qui lui revient. Une surface d’eau calme agit comme un miroir : l’onde est renvoyée loin du satellite, et l’eau apparaît sombre sur l’image.

La détection repose donc sur deux règles : un pixel est considéré comme de l’eau s’il est assez sombre (seuils entre −15 et −22 dB) et s’il s’est nettement assombri par rapport à la saison sèche (baisse d’au moins 3 dB).

Image radar de référence en saison sèche, image après la pluie du 27 septembre 2024, et carte de l'eau détectée.
Référence sèche (mai), image après la pluie du 27/09/2024, et eau détectée (rouge : stagnante, bleu : permanente).

Pourquoi la ville l’aveugle

En bâti dense, l’onde touche l’eau, rebondit sur la façade d’un bâtiment, puis repart vers le satellite. C’est l’effet de double rebond : au lieu de s’assombrir, la zone inondée devient brillante. Les deux règles de détection échouent.

D’autres facteurs s’ajoutent :

  • le satellite ne repasse que tous les 12 jours : il voit l’eau qui persiste 1 à 5 jours après la pluie, pas le pic de l’inondation ;
  • une bande côtière de 100 m est exclue, à cause du sable mouillé et du ressac ;
  • les surfaces détectées restent faibles (0,1 à 0,3 % de la terre ferme), donc les écarts entre communes sont bruités.

Ce que l’appli en fait

Les communes sans eau détectée portent une alerte satellite dans leur fiche, et leur badge de confiance en tient compte. Le score ne repose pas que sur le radar : l’altitude et les cuvettes, calculées à partir du modèle d’altitude, comptent autant.

À retenirUne absence de détection n'est pas une absence d'eau. Elle doit être signalée comme telle, jamais affichée comme un zéro rassurant.

Ce que j’en retiens

  • Connaître la physique du capteur compte autant que l’algorithme : un seuil bien choisi ne corrige pas un capteur aveugle.
  • Les zones parmi les plus exposées sont aussi celles que la méthode voit le moins bien. Sans précaution, le score aurait sous-estimé une partie des quartiers prioritaires.
  • Pistes à explorer : des images à plus haute résolution, des signalements d’inondations observées pour valider, et des méthodes de détection adaptées au milieu urbain.

Citer cette note

Djarabé, C. (2026). Le radar ne voit pas l'eau en ville. TheLab. https://thelab-beta.vercel.app/notes/radar-bati-dense/

Référence BibTeX
@misc{djarabe2026radarbatidense,
  author       = {Djarabé, Caleb},
  title        = {Le radar ne voit pas l'eau en ville},
  year         = {2026},
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  note         = {Apprentissage}
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Discussion

Une question sur la méthode, une limite que j'ai manquée, une piste à creuser ? Les commentaires sont publics et passent par un compte GitHub.

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